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Vers un retour en grâce des écoles de filles ?

2015-01-23
"La non-mixité à l'école, apanage des établissements privés et indépendants, aurait progressé ces dernières années en France. Outre-Atlantique, elle est un véritable phénomène de société. Décryptage"

Vers un retour en grâce des écoles de filles ?

Vers un retour en grâce des écoles de filles ?

On dit souvent que les filles entre elles sont des pestes, mais la compétition s’installe dès lors qu’il y a des garçons, notamment dans les années post-bac, raconte Bénédicte, ancienne élève d’une école de filles, Notre-Dame de France, à Marseille. « À l’inverse, nous partagions de grandes valeurs d’amitié, de camaraderie, avec un fort sentiment d’appartenance. »  Cet éloge de la vie entre filles, à contre-courant du culte de la mixité, gagne peu à peu du terrain, à mesure que des filles choisissent de rejoindre ces établissements. Et que les recherches en pédagogie trouvent des vertus à cette séparation des sexes sur les bancs de l’école.  

Car la mixité ne s’est pas imposée comme le meilleur des modèles scolaires mais comme une réalité historique. « De toutes les révolutions pédagogiques du siècle, la mixité est l’une des plus profondes. (…) Et pourtant elle s’est effectuée sans même qu’on y prête attention », écrit Antoine Prost, historien spécialiste de l’éducation, dans Histoire générale de l’enseignement et de l’éducation en France. Poussés par des considérations pratiques, les établissements de garçons se sont petit à petit ouverts aux nouvelles venues. Votée en 1975, la loi Haby est venue généraliser un principe de mixité existant déjà en pratique. 

La séparation filles-garçons n’a pourtant pas disparu, loin de là. Apanage des écoles privées et indépendantes, elle aurait peut-être même progressé ces dernières années. En atteste « le nombre croissant d’écoles indépendantes en France », répond Jean-David Ponci, membre de l’European Association of Single-Sex Education. Entre 2013 et 2014, elles sont passées de 37 à 51 selon les chiffres de la Fondation pour l’école, une association qui accompagne la création de ces établissements. Une progression silencieuse. Car « à l’heure des gender studies, la séparation filles-garçons n’est pas à la mode. La mixité est impensée et la non-mixité, interdite », explique le philosophe spécialiste de l’éducation non-mixte. « Pourtant, dans une classe de filles ou de garçons, il y a une vraie harmonie. »

Pierre Sauleau, anciennement professeur dans le public, aujourd’hui directeur du collège-lycée de garçons Hautefeuille de Courbevoie, juge en effet, les « classes unisexes plus unies. C’est formidable pour la construction de l’amitié ». Car à un âge où c’est important, « la question du regard de l’autre joue moins, les enfants sont plus libres d’être ce qu’ils sont, d’étudier les matières qu’ils veulent ; ils n’essaient pas d’être là où on les attend ». 

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Source: Madame Le figaro
"La non-mixité à l'école, apanage des établissements privés et indépendants, aurait progressé ces dernières années en France. Outre-Atlantique, elle est un véritable phénomène de société. Décryptage"

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